Analyse du film Dersu Ouzala

Pourquoi faire une analyse de ce film tombé dans l’oubli en 2021, mais qui pourtant est un chef d’oeuvre du 7ème art ?

En fait pour 3 raisons principales, en commençant que beaucoup de nos lecteurs, élèves et collaborateurs se considèrent comme des nomades « digitaux », et bien là vous avez un authentique film de nomades, avec de surplus un hymne à la nature qui, lors d’un deuxième visionnage, m’a fait penser à mon cher Walden ou la Vie dans les bois de Henry David Thoreau, voilà pour la deuxième raison et pour finir ce film utilise un langage des couleurs de manière magistrale.. et si l’on travail dans le digital on ne peut pas rester insensible à cela. j’espère vraiment qu’à travers cet article je vous aurait envi de découvrir cette oeuvre que trouverez avec un peu de chance sur Netflix ou Amazon selon le pays ou vous résidez.

Dersu Uzala, d’Akira Kurosawa (1975)

Dersu Ouzala est le premier et le seul film d’Akira Kurosawa à être produit et tourné en dehors du Japon (en particulier en URSS). Un voyage de plusieurs années à travers la taïga russe au cours duquel le capitaine Vladimir Arseniev et ses hommes rencontrent un chasseur Hezhen nommé Dersu.

Au cours de leurs explorations à travers les territoires boisés, épais et terriblement stylisés que Kurosawa moule dans son objectif, ils découvriront l’incroyable qu’offre Dersu : la vision du Monde dans son ensemble composé d’éléments aussi essentiels qu’égaux.

Kurosawa, en plus d’être un cinéaste confirmé dans ces années 70, était aussi un peintre et à ce titre, il réalisait ses propres storyboards ainsi que des illustrations pour déterminer la composition des plans ou comment la lumière affectait certaines scènes. Dans Dersu Ouzala, son deuxième film en couleur après Ka-Den de Dodes (1970), la couleur prend une grande importance car dans son utilisation comme dans la planification formelle des séquences, elle est la clé pour comprendre la qualité de sa mise en scène.

Le voyage du capitaine et de Dersu s’étend sur plusieurs mois et s’étend sur les quatre saisons de l’année, ce qui en fait la métaphore d’un changement vital pour Dersu alors que le printemps cède la place à l’été, l’automne à l’automne, et enfin l’hiver, qui arrive pour terminer l’histoire et le voyage. Kurosawa travaille avec la beauté des paysages naturels qu’offre la taïga, mais utilise sa capacité artistique pour leur donner un aspect artificiel en accord avec la dynamique dramatique du film.

Certains de ses clichés les plus captivants et d’une beauté envoûtante jouent avec une pigmentation extrême et une surexposition à la lumière, ainsi qu’avec la superposition de plusieurs cadres qui donnent à l’image un caractère onirique mais aussi métaphorique.

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Concrètement, dans la scène où Dersu parle du soleil et de la lune, des « braves gens », selon lui, « qui s’ils n’apparaissaient pas dans leur cycle quotidien provoqueraient la Fin », on peut apprécier à quel point l’image dans où les étoiles apparaissent dans une position hiérarchique à la fois verticalement et de chaque côté de l’écran, il devient une allusion picturale à l’équilibre naturel entre la nuit et le jour, la naissance et la mort et, surtout, le voyage intérieur que font le chasseur et le capitaine , tout a son aube et son crépuscule.

Dersu, comme le Nanook de Flaherty, appartient à un autre temps. Qu’il habite dans la forêt plutôt qu’en ville, qu’il chasse au lieu d’acheter de la nourriture et qu’il comprenne que tout a de la vie et que même le feu a la capacité de comprendre les mots qui lui sont adressés, comme s’il s’agissait d’une autre personne.

Dans son incursion avec les soldats russes, il sera confronté, non seulement à une multitude de difficultés dans la forêt sauvage et dangereuse, mais aussi avec le passage du temps, sa propre vieillesse et sa destination finale.

Au cours d’un voyage de près de dix ans, de deux rencontres avec son ami bien-aimé, le capitaine Arseniev, et d’une vie consacrée à (sur)vivre dans le respect de la paix et de l’harmonie d’un territoire qui devient parfois paradis et un autre enfer, Dersu vieillira jusqu’à se voir contraint de changer radicalement de vie et de vivre quelque chose qui lui est totalement étranger.

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Dersu Ouzala peut être lu comme un hymne à l’union de fer de l’homme avec la nature ou comme un cheminement progressif vers son abandon. L’acceptation d’un confort – celui que vivent les soldats en ville – s’oppose totalement au mode de vie de Dersu, qui n’a pas de chez-soi car partout où il va, il en construit un et refuse de rester longtemps au même endroit temps, comme un bon nomade.

Sa gentillesse, sa sympathie et ses valeurs, si étranges au départ pour Arseniev et sa famille, seront ce qui le fera l’aimer comme s’il était un membre de sa famille et chanter des chansons lorsqu’il les accompagnera. Les moments où ils découvrent l’étonnement de leur humilité et le courage dont fait preuve le petit chasseur dans les situations extrêmes se traduiront par ce retour à l’équilibre.

Équilibre conceptuel et formel, puisque Kurosawa profite aussi du format scope dont « l’ouverture » lui permet de créer des plans qui contiennent deux voire trois scènes conjointes, qui fonctionnent comme des peintures vivantes. Des constructions visuelles authentiques qui font de ce film plus que de simples films d’aventure.

  • Date de sortie : 28 octobre 1976 (Espagne)
  • Réalisateur : Akira Kurosawa
  • Adaptation de : Dersou Ouzala
  • Titre original : Дерсу Узала / デルス·ウザーラ; Dersu Uzala
  • Scénario : Vladimir Arseniev (livre); Akira Kurosawa; Youri Naguibine
  • Distinctions : Oscar du meilleur film international

Article original du site Live Sensei

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